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Comment se faire auto-honte dans Hochelaga-Maisonneuve

Comment se faire auto-honte dans Hochelaga-Maisonneuve

Par Audrée Loiselle 

Comment se faire auto-honte dans Hochelaga-Maisonneuve
ou quand l’habit fait le moine!

C’était l’année des trentièmes, celle où successivement tous tes amis.es. se font lancer des confettis et que le dernier de la gang doit faire semblant d’être surpris. Encore qu’au début de la lignée, on possédait donc tout l’entrain du monde pour la fête surprise de Val. L’organisation était pour elle, oui,  mais aussi un peu pour nous, puisqu’on chérissait depuis moult temps l’envie d’un party  Throwback et c’est dans Hochelaga-Maisonneuve que ça allait se passer. Je ne sais pas trop quand l’amour du nostalgique a gagné nos cœurs, (on est encore trop jeunes pour ça, non?) mais qu’à ne cela tienne on était enthousiastes (euphémisme). Throwback, pour nous ça voulait dire du Dancehall, des tresses collées, du Baby Phat et de la poudre bronzante. Beaucoup de poudre bronzante. On avait recréé nos plus beaux ensembles de la tête au pied, tout droit sortis du clip I’m Real de Jennifer Lopez et Ja Rule. On avait même réussi à recréer les petits drames  et attitudes burlesquement sur-jouées de cette époque, durant la soirée. Du grand art.

audrée loiselle
Moi et mon déploiement de splendeur

La fête avait lieu dans les lofts Moreau. Lofts, qui ont pris vie dans une usine désaffectée, abritant au départ une coopérative d’artistes, situés dans Hochelaga-Maisonneuve. Depuis ils ont été convertis en lofts et ateliers pour fins commerciales.

Au bout d’un moment, happée par mon état pompette, j’ai voulu retourner vers ce lieu de réjouissances qu’est mon lit. J’attendais donc mon chauffeur Uber, au coin des rues Moreau et Ontario.

Secteur montréalais qui tend vers une revitalisation depuis sa création en 1867. J’exagère, mais à peine. Hochelaga-Maisonneuve c’est comme Bobby Bazini dans le numéro d’ouverture de Louis-José Houde, au Gala de l’ADISQ 2015 : « Aille Bobby Bazini ça fait combien de fois qu’il est sur le bord de percer à l’étranger ? PERCE BOBBY PERCE. Peeeeerce Bobby PERCE. Ça ne se peut pas que tu ne sois pas à ça de percer, ça fait 7 ans que t’es là-dessus.  Perce le l’ostifi de marché !! »

PERCE HOCHELAG PERCE. Quartier de beau, très beau (le Biodôme; le parc Maisonneuve; le stade Olympique et son Esplanade; le Théâtre Denise-Pelletier; la Maison de la culture Frontenac; restaurants charmants et cafés chaleureux) et de nettement plus obscure (la rue Sainte-Catherine Est; le Sexe Mania et ses coups de feu limitrophe,  les petits cafés, restaurants et boutiques à la fraîcheur discutable…).

J’en étais là à analyser le coin de rue où j’attendais mon Uber quand il est arrivé.Le conducteur était vraiment de bonne humeur de me voir approcher. Je suis entrée à demi et j’ai re-validé mon adresse. Il acquiesçait dans un sourire grand comme sa candeur. Mon genou sur la banquette arrière, j’ai pris 2 secondes pour regarder autour de moi. La radio scandait du gangsta rap (coudonc on reste dans le même thème global, ce soir), aucun GPS ne figurait à l’avant, une jetée blanche très poreuse s’étalait sur la banquette arrière et des chaines en or formaient un amas sur le banc. Je venais de comprendre que je me m’étais trompée de véhicule….

Bref, je me suis fait prendre pour une pute !!!!!!

En discutant avec une amie le lendemain matin :
– T’étais seule, direct au coin d’Ontario, tu avais un look douteux et de l’ombre à paupière bleu poudre. Le gars était excité ben raide de se pogner la petite nouvelle.
– Je suis un peu dégoutée.
– Ouin.
– Ouin.
– …
– Tu penses que je valais combien?
– 50$
– Hipelaï.
– Désolée t’étais pas dans un coin pour demander vraiment plus…

 

 

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