Close

On est où ?

vivre MONTRÉAL, explorer le QUÉBEC, découvrir le MONDE

Couch surfing: petit guide pour optimiser son expérience

Couch surfing: petit guide pour optimiser son expérience

Par Catherine Pilotto

LE COUCH SURFING… OU SURFER LE SOFA

Couch surfing: petit guide pour optimiser son expérience
Le London Bridge, bien sûr!

Mai 2018, Londres, Angleterre.

Ça fait presqu’un an que je n’ai pas mis les pieds au Québec. Mon portefeuille commence à être tanné, il me l’a dit. Sauf qu’il me reste encore quelques semaines à voyager avant de rentrer compter mes cennes. Par acquis de conscience, je décide que c’est l’occasion parfaite d’essayer une nouvelle façon de voyager: le couch surfing!

Couchsurfing est un réseau qui met en communication des voyageurs et des gens prêts à héberger GRATUITEMENT. Tout ça par curiosité, générosité et bonté de cœur et dans un esprit de partage de culture et d’échanges d’histoires de voyage. Et pour moi qui a plus d’histoires que de sous… il me semble que c’est le timing parfait.

En tant que fille qui voyage solo, je dois avouer que c’était ma deuxième tentative de couch surfing. Il y a trois ans, j’avais voulu essayer l’expérience à Bruxelles. Puis, j’ai manqué de courage et de confiance en mes hôtes potentiels… Par contre, le réseau te permet aussi de correspondre avec d’autres voyageurs adeptes de couch surfing (ou non). J’avais donc rencontré une jeune Française qui voyageait seule aussi. On s’est accompagnées au musée et on est allées manger des frites ensemble. Pourquoi pas!

Cette fois-ci, je me suis gonflée d’assurance et me suis ouvert l’esprit (encore plus). Mes recherches ont été très rapides et John a accepté de m’héberger pour mes cinq nuits à Londres. Sérieux, ça vaut de l’or!  Avant de te parler de mon expérience, voici quelques petites recommandations à considérer avant de choisir ton hôte:

  • Est-il membre vérifié? Couchsurfing demande un paiement par carte de crédit pour devenir un membre vérifié. Alors, tu peux voir que l’hôte est réel et cela suggère qu’il soit bien intentionné.
  • Lis ses références, ça te donnera une meilleure idée du genre d’hôte qu’il est et aussi de son implication. Certaines personnes sont prêtes à te faire visiter ou à te présenter des amis. Si c’est ce que tu cherches, c’est des bons points pour lui!
  • Corresponds avec lui avant de conclure le deal. Ça te donnera une idée de si ça peut cliquer ou non! 
  • Récolte des informations supplémentaires sur le logement. Assure-toi de savoir où il est. Est-il près des transports en commun, dans un quartier recommandé?
  • Ton hôte habite-t-il seul ou en colocation? Pour ma part, je me sentais plus en sécurité en sachant qu’il avait des colocs! John habite avec un couple australien-hongrois. La famille était également en visite. Ce fût de belles et riches rencontres!
  • Auras-tu ta propre clé, seras-tu libre d’aller et venir à ta guise
  • SURTOUT, questionne ton hôte sur ton lit… l’endroit physique où tu vas dormir! Est-ce un sofa, un lit de camp, dans quelle pièce, etc. De mon côté, peu de temps avant mon arrivée, John m’a confirmé que je dormirais sur un lit de camp… DANS sa chambre. Sur le coup, ça m’a bien refroidie. Comment s’assurer qu’il  n’aurait pas de mauvaises arrières pensées? Et l’intimité? Mais je lui ai fait confiance et j’ai établi mes limites assez clairement. Encore une fois, c’était à moi de se plier aux règles de la maison (on se rappelle qu’il m’accueille gratuitement).  
Couch surfing: petit guide pour optimiser son expérience
La maison de John

Aussi, petite note, aucun échange monétaire n’est exigé ou attendu. Évidemment, on agit en bons invités et on offre un verre ou un souper à son hôte. En plus, ça donne l’occasion d’échanger et d’apprendre à se connaître! 

Revenons à John. J’ai été très chanceuse de pouvoir être reçue chez lui. John est anglais et passionné de voyage. Depuis trois ans, couchsurfing lui a permis de rencontrer beaucoup de gens, de voyager et de tisser des liens d’amitié à travers le monde. Il a hébergé plus de vingt vagabonds comme moi, mais a aussi utilisé le réseau pour se trouver des hôtes. Il a même parcouru la Hollande avec une amie rencontrée grâce au réseau! Rapidement en le rencontrant, j’ai été très ravie de voir à quel point il était amical, intéressé à la discussion, honnête et ouvert d’esprit. Mais tout aussi rapidement, j’ai été bien mal à l’aise et il a mis ma propre ouverture d’esprit à l’épreuve.

John est ce que j’appellerais un alcoolique fonctionnel. Il boit pour déjeuner ou dans le métro sans gêne, passe au pub midi et soir, tous les jours. Malgré tout, il a un bon travail, des amis et jamais je ne l’ai vu perdre le contrôle. Il est comme jamais saoul, mais il carbure au jus de raisin! J’ai donc d’abord été très mal à l’aise de le voir boire à toute heure. Je n’avais jamais rencontré quelqu’un avec une telle habitude (un tel problème). C’était très loin de mon idéal de santé mettons…  Je n’ai pas voulu questionner, je me disais que c’était peut-être culturel (?), que c’était pas mon problème tant que je me sentais en sécurité, il est chez lui et peut bien faire ce qu’il veut! Mais je continuais à le juger dans ma tête. J’étais très inconfortable avec la situation.

Puis, un jour, on a pris un verre ensemble, et deux, et trois. J’appréciais réellement sa compagnie, il n’était pas méchant du tout, même très franc et ouvert d’esprit. J’ai pas eu le choix de faire pareil. Alors, j’ai tué l’éléphant dans la pièce avec un gros shotgun dans la face. Je lui dis bien honnêtement: « tu bois beaucoup hein? ». Et comme si je lui avait demandé s’il aimait les chiens, il m’a dit «oui» en souriant. S’en est suivi une conversation des plus honnêtes, rassurante et rafraîchissante sur l’alcoolisme. Il m’a partagé les racines de son problème et toutes les tempêtes que ça a occasionnées par le passé. Comment il percevait la guérison ou le moyen d’y arriver. Parfois je me demande si j’ai déjà eu des conversations aussi franches avec mes proches, qu’avec John, l’inconnu qui s’est mis à nu.

J’ai adoré comment cette rencontre m’a challengée. J’avais envie de lui faire confiance et d’être son amie et maintenant que ça a été dit, je le suis. C’est aussi ça voyager. C’est être parfois choqué, mais se rajuster. C’est de confronter la situation dans laquelle on s’est soi-même mis, par choix, et de se débrouiller.

C’est d’accepter et de respecter.

————–

Avez-vous déjà fait du couch surfing? Ça s’est passé comment?

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close